Brève biographie de Pierre-René Rogue, prêtre et martyr

« Toute la vie du Père Pierre-René Rogue (1758-1796) s’est déroulée à Vannes : né à l’ombre de la cathédrale, étudiant au collège Saint-Yves (actuel collège Juels Simon, puis au grand séminaire (à l’époque rue du Méné, ordonné prêtre en 1782, aumônier de la retraite des femmes, professeur de théologie dogmatique au séminaire, desservant en 1789 de la paroisse N.D du Méné. La constitution civile du clergé trouve en lui un opposant paisible, mais décidé. Il refuse de s’expatrier pour pouvoir continuer son ministère à Vannes, même dans la clandestinité. Arrêté la veille de Noël 1795, alors qu’il portait le viatique (sacrement de l’Eucharistie donné à un mourant en même temps que l’extrême-onction, il est dénoncé par un ami et présenté au tribunal révolutionnaire siégeant dans l’ancien évêché de Vannes puis dans sa chère église du Méné, puis condamné comme « prêtre réfractaire » en présence de sa mère, le premier mars. Incarcéré de nouveau à la porte-prison de Vannes (ancienne porte saint Patern). Il redonne courage à ses compagnons d’infortune (dont plusieurs prêtres Deux jours plus tard, il monta à l’échafaud. Il a pour cette occasion écrit un cantique qu’il chantera en allant à l’échafaud en toute confiance sur la place des de l’Hôtel de Ville en allant se faire couper la tête en l’honneur de Jésus-Christ.

Des linges trempés de son sang deviennent aussitôt des reliques, et sa tombe, un lieu de pèlerinage et de grâces. Le 10 mai 1934, Pierre-René Rogue était béatifié. Depuis lors, son corps repose à la cathédrale ».

(extrait du propre du diocèse de Vanne, 1984)

Voici le cantique qu’il composa en prison et qu’il chanta en allant à l’échafaud.

1. Que mon sort est charmant,
Mon âme en est ravie !

Je goûte en ce moment

Une joie infinie.

Que tout en moi publie

Les bontés du Seigneur ;

Ma misère est finie,

Je touche à mon bonheur

2. J’ai servi Dieu mon Roi,
En imitant son zèle ;

J’ai conservé la foi,

Je vais mourir pour elle.

Que cette mort est belle

Et digne d’un grand cœur !

Priez, peuple fidèle,

Pour que je sois vainqueur.

3. Ô vous tous, que mon sort
Affecte et intéresse,

Loin de pleurer ma mort,

Tressaillez d’allégresse ;

Tournez votre tendresse

Sur mes persécuteurs ;

Sollicitez sans cesse

La fin de leurs erreurs.

4. Hélas ! Ils ne sont plus
Les enfants de lumière,

Puisqu’ils n’écoutent plus

Le successeur de Pierre.

Mais, puisqu’ils sont nos frères,

Chérissons-les toujours ;

N’opposons à leur guerre

Que douceur et amour.

5. Ô Monarque des cieux,
Ô Dieu, plein de clémence,

Daigne arrêter les yeux

Sur les maux de la France !

Puisse ma pénitence,

Égale à ses forfaits,

Désarmer ta vengeance,

Te la tendre à jamais !

J’ai aimé passionnément ce Christ, qui est là présent au milieu de nous dans le Très-Saint-Sacrement, et qui s’est dit présent aussi dans chacun des êtres qui nous entourent. A vous qui voulez m’honorer, je redis les mots de ma dernière lettre à mes frères les prêtres de ma bonne ville de Vannes : « Aimons-nous toujours pour le temps et pour l’éternité ! » Ainsi soit-il. »

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